La peur : alliée ou ennemie ?

La peur est utile, mais faut-il toujours pour autant l’écouter?  « Cette émotion est une vraie force pédagogique et une opportunité pour l’enfant de grandir »,  selon Eve l’Eplattenier, directrice pédagogique des crèches du groupe Educalis.

À l’occasion d’Halloween, Mme L’Eplattenier revient sur le sentiment de peur, une émotion que chacun d’entre nous a ressentie sans pour autant en connaître les origines et qui s’avère constructrice pour l’enfant.

Pourquoi confronter les enfants à la peur est important ?

La peur est un sentiment indispensable, car c’est une émotion nécessaire à la survie de l’individu. La peur, ce sentiment d’alarme en présence de danger, induit dans l’organisme la sécrétion d’adrénaline, neurotransmetteur qui, libérée dans le sang, augmente la fréquence cardiaque, la pression artérielle, le rythme respiratoire et le taux de sucre dans les tissus. Sur le plan émotionnel, une situation ressentie comme menaçante, peut provoquer une angoisse, un isolement, un stress, des tensions nerveuses, voire des perturbations psychiques. Mais elle a aussi un rôle de protection. Car le stress induit par la peur augmente les capacités physiques, relationnelles et émotionnelles. Savoir que l’on possède les ressources nécessaires face à une peur, un danger, renforce la confiance en soi. Cela permet d’éviter d’être submergé par la peur et de douter alors de ses capacités.

Dans le développement de l’enfant, apprendre à affronter ses craintes est une étape importante. Eprouver, ressentir des peurs est une nécessité pour se construire.

Au fil, des expériences, l’enfant apprendra à reconnaitre et différencier les situations inoffensives de celles dangereuses. En se confrontant à des situations effrayantes ou angoissantes, l’enfant saura maitriser sa peur avec succès. Cette maitrise et domination de ses peurs augmentera de façon significative la connaissance de son identité, la confiance et l’estime de soi.

Une opportunité d’expérimentation positive du sentiment de peur

L’enfant doit pouvoir vivre et ressentir la peur dans un cadre sécurisé. La lecture d’une histoire effrayante peut devenir un cadre sécurisant. Lors de cette histoire, l’enfant va vivre, ressentir des sensations et émotions. L’histoire donne un espace-temps à l’expérimentation de la peur. Lorsque le livre est terminé, l’enfant pourra passer à autre chose, sans forcément être bouleversé. Il est important que l’enfant comprenne qu’il peut se faire peur à ce moment-là précis, défini et sous l’œil attentif d’un adulte. Le sentiment de peur des enfants doit absolument être sécurisé par le soutien et la présence d’un adulte.

Pour revenir aux histoires, il serait inutile de supprimer les contes potentiellement effrayants. Car lorsque le héros(ine) triomphe, l’enfant par assimilation, triomphe également. C’est la raison pour laquelle l’enfant peut inlassablement redemander la même histoire. Il est en train d’apprendre à apprivoiser sa peur.

En résumé, l’enfant a besoin de connaitre la peur pour se connaitre. Le(a) professionnel(le) doit accompagner l’enfant dans un tel apprentissage. L’enfant a besoin de se faire peur pour ne plus avoir peur.

Eve L’Eplattenier, Directrice pédagogique des crèches du Groupe Educalis

 

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